Le gouverneur 2017-2018 : Jean-Paul NOUHAUD

  • dernière mise à jour le 19 Oct 2017 à 14:36

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Nouvelles Rotary 2015-2016

Le nouveau président du Rotary International

2015 NouveauPresidentAvant qu’il ne donne un discours, K.R. « Ravi » Ravindran n’aime pas qu’on le présente en des termes trop élogieux. Cela le met tout simplement mal à l’aise. Le président 2015/2016 du Rotary préfère plutôt garder profil bas et rester humble. Si cela ne tenais qu’à lui, cet article n’aurait probablement jamais été écrit.
 
2015 NouveauPresidentNégocier un cessez-le-feu au cours de la guerre civile au Sri Lanka afin que les agents de santé puissent vacciner les enfants contre la polio ? Bien que l’accord ait été signé sur son bureau, explique-t-il, beaucoup de personnes ont participé à cette initiative. Reconstruire 23 écoles endommagées accueillant 14 000 enfants ? Il a tout juste présidé la commission du projet. Transformer une petite entreprise d’impression d’étiquettes opérant dans un local de la taille d’un garage en une société d’envergure internationale qui a contribué à l’essor de l’industrie d’emballage du thé au Sri Lanka ? Il s’est tout simplement trouvé au bon endroit au bon moment.
 
« On dit de moi que je suis un autodidacte, un self-made man », explique K.R. Ravindran, membre du Rotary club de Colombo. « Tout de même, se considérer comme un self-made man, c’est quand même un peu égocentriste. On devient ce qu’on est parce que sur le parcours de nombreuses personnes vous ont tendu la main. »
 
Pour K.R. Ravindran, ce principe de rendre la pareille est devenu un mode de vie. Le thème de son mandat, Faire don de soi au monde, résume également sa philosophie de la vie.
 
PORTRAIT
Le paysage est paradisiaque. Notre périple en voiture sous une pluie fine nous amène à 1 600 mètres d’altitude. Apres avoir passé des rizières, des mines de pierres précieuses et aperçu un éléphant au détour d’un pré, nous arrivons par une route un peu cahoteuse dans la plantation de thé de la famille Ravindran, située à proximité d’une cascade. Des fagots de feuilles de thé sont empilés sur le flanc de falaise. Nous sommes au-dessus des nuages. Le décor est irréel et magique, comme tiré d’un film qui prend vie sous nos yeux.
 
Le domaine, appelée Kelburne, se situe à quelque kilomètres des champs où Thomas Lipton – oui, les boîtes de thé jaunes – a commencé la culture du thé à Ceylan. K.R. Ravindran fait souvent visiter la première usine Lipton à ses invités, un long bâtiment blanc habité du ronronnement des machines, des séchoirs et ventilateurs industriels.
 
Son grand-père maternel cultivait déjà le thé à Kelburne dans les années 50. Il fut l’un des premiers Sri Lankais à acheter des terres aux Anglais dans cette région. Lorsque Ravi finit ses études de commerce à l’université Loyola à Madras, en Inde, il retourne au pays pour participer à la gestion du domaine familial.
 
Une journée typique de travail commence ici à 5 heures 30 du matin : communication des directives pour la journée, tour de la propriété à pied et visite de l’usine. « Au fil des ans, j’ai commencé à me sentir très proche des employés de la plantation et je me suis senti concerné par leur bien-être. J’ai cherché des moyens d’agrémenter leurs revenus et d’améliorer leur quotidien », explique-t-il.
 
Ravi et sa famille pensaient que leur vie serait principalement centrée sur la culture du thé à la propriété et plus tard au siège de la compagnie. Cependant, en 1972, le nouveau gouvernement socialiste lance un programme massif de nationalisation des plantations de thé. En raison de cette nouvelle politique, la propriété familiale passe alors de plusieurs milliers d’hectares à une centaine, et bientôt Ravi se retrouve sans travail.
 
Il part vivre à Colombo, la capitale du Sri Lanka, et commence à travailler à l’imprimerie familiale qui fournit également toute la papeterie et les livres comptables des plantations de thé. À cette époque, le thé sri-lankais est exporté en vrac avant d’être conditionné dans les pays où il sera consommé en Europe, en Australie ou aux États-Unis. Croyant fermement que cette étape du processus peut être réalisée au Sri Lanka, à moindre coût, Ravi crée alors une société de conditionnement du thé qui fabrique aussi bien les sachets, les étiquettes et les emballages avec un haut degré de savoir-faire, une stratégie visionnaire qui permettra à l’industrie de conditionnement et d’emballage du thé au Sri Lanka de prendre son envol.
 
Beaucoup voient alors en Ravi un partenaire de confiance. Tout d’abord, son associé, aujourd’hui ami et mentor, le fondateur de la société des thés Dilmah, qui croit et investit en lui alors qu’il le connaît à peine. Un directeur de banque est ensuite séduit au tout début de l’aventure par son business plan. Ces deux personnes ont cependant un point commun : ils sont tous deux membres du même Rotary club. Il ne faut bien sûr pas oublier Vanathy, qu’il a connue à l’université et épousée à Colombo, et qui aux cotés de leur fils et de leur fille Krishna et Prashanthi, le réconforte dans les moments difficiles.
 
Aujourd’hui, la société de Ravi est sans conteste l’un des fournisseurs de sachets de thé les mieux connus au monde. L’industrie de l’emballage du thé sri lankais, qui a vu le jour pour conditionner le thé dans le pays de production plutôt que dans le pays de consommation, est aujourd’hui un des fleurons de l’économie locale.
 
À l’usine Printcare, les rotatives et les machines d’emballage et de conditionnement battent en rythme, un peu comme des locomotives lancées à grande vitesse. Les différents emballages forment une mosaïque de couleurs plaisantes au regard : le rouge des boîtes de thé Typhoo pour le marché britannique ; le vert des thés Dilmah, destinés à l’Europe ; et enfin le bleu, avec les emballages Tetley qui partiront en Australie. D’autres machines impriment également à une cadence de 100 millions d’exemplaires par jour les petits carrés qui seront agrafés au bout de la ficelle des sachets de thé.
 
Printcare exporte ses produits dans le monde entier et compte parmi ses clients Unilever, Target, Hallmark et Twinings. La société a plusieurs usines au Sri Lanka et en Inde. Si vous buvez du thé, il y de fortes changes pour que le sachet ou l’étiquette sorte des usines Printcare.
 
« Pour les questions de technologie et de management, Ravi est un visionnaire », affirme un des directeurs généraux. « Lorsque s’il s’attaque à un projet, de sa planification à sa mise en pieuvre, tout est réalisé et bouclé dans les délais. Il fait preuve d’un très grand charisme et il sait partager les informations. »
 
Ravi a mis en œuvre un programme de subventions de contrepartie, inspirée de celui proposé jadis par la Fondation Rotary, au travers duquel son entreprise aide la collectivité. Les 700 employés financent un projet accepté mutuellement et la société verse une contribution équivalente au montant total versé. Le plus souvent, les actions sont destinées à améliorer l’accès à l’eau potable et à l’assainissement dans les écoles de la région. Les enfants scolarisés des employés dont le salaire est inférieur à un certain seuil reçoivent gratuitement des manuels scolaires et une paire de chaussures ainsi qu’une aide financière pour le transport.
 
En 2014, Printcare été nommée l’une des quinze meilleures entreprises pour lesquelles travailler au Sri Lanka et K.R. Ravindran, l’un des meilleurs chefs d’entreprise de l’année. Comme il le dit lui-même, « Traitez les gens avec respect et ils le vous rendront ». Selon un de ses autres directeurs généraux, « Il est vraiment soucieux du bien-être des autres ».
 
« Gagner sa vie et rentrer chez soi le soir n’est pas vraiment mon idéal de vie, explique Ravi. C’est à la portée de tout le monde. Ce qui m’intéresse, c’est de m’investir en faveur de la collectivité. »
 
À la première réunion du Rotary club de Colombo en janvier 2015, des sapins blancs ornent encore les couloirs de l’hôtel. Le buffet s’étire sur près d’un tiers de la salle de réunion, ce qui semble être tout à fait normal pour ce genre de réunions au Sri Lanka. Le club va bientôt fêter son 86e anniversaire et jouit d’un prestige immense dans le pays, en raison d’un palmarès impressionnant de réalisations. Le club est en effet à l’origine d’une fondation pour la prévention de la tuberculose, de la première banque de sang au Sri Lanka et de l’association sri lankaise contre la toxicomanie, cette dernière ayant vu le jour alors que Ravi était président du club. Et tout récemment, un centre de prévention et de détection du cancer (dont les services ont été dispensés gratuitement à plus de 35 000 patients permettant ainsi de détecter d’éventuelles pathologies chez 7 500 d’entre eux) a vu le jour—une nouvelle première dans le pays. Cette dernière initiative a été montée en partenariat avec le Rotary club de Birmingham, en Alabama, dont Ravi est membre d’honneur.
 
En 1974, alors qu’il travaille à la plantation de thé, il crée avec d’autres membres le Rotary club de Bandarawela, un des premiers clubs dans la région montagneuse du pays. Son grand-père avait été Rotarien, tout comme son père. Mais à 21 ans, Ravi rejoint le Rotary avant tout pour la camaraderie et la convivialité, et pas vraiment pour aider autrui.
 
Encore aujourd’hui, après des années de bénévolat qui ont bénéficié à de milliers de personnes, rencontrer des gens du monde entier et discuter avec eux pendant des heures restent un de ses aspects préférés au Rotary. « Il sait s’amuser. C’est une des facettes du personnage », confie Abbas Esufally, un ami proche.
 
Lorsque Ravi déménage à Colombo, il rejoint son club actuel et commence à y exercer des responsabilités. Selon Abbas Esufally, le Rotary est pour lui bien plus qu’une simple activité bénévole parmi d’autres, mais une passion.
 
En 1983, la guerre civile éclate entre les forces gouvernementales et les Tigres tamouls, un groupe indépendantiste souhaitant créer son propre état au nord et à l’est de l’île (ce groupe est également sinistrement célèbre pour avoir inventé le gilet explosif utilisé pour les attentats suicides). Le conflit, qui arrive à son terme en mai 2009, fait en 25 années plus de 100 000 victimes et déplace des centaines de milliers de personnes qui fuient les combats. En 2014, près de 90 000 personnes ont encore le statut de réfugiés.
 
Cette guerre civile prend son origine dans les tensions entre les communautés singhalaise, majoritaire dans le pays, et tamoul. Mais au Rotary, les barrières ethniques n’existent pas. Bien que la plupart de leurs membres soient singhalais, les clubs sri lankais élisent des présidents aussi bien singhalais ou tamouls que musulmans – dont K.R. Ravindran, un Tamoul. « Au Rotary, les religions, castes ou langues dominantes n’ont pas leur place. Nous étions avant tout sri lankais, précise Ravi. Pourquoi notre pays ne pouvait-il prendre exemple sur ces Rotariens ? »
 
Ce conflit n’empêche cependant pas les membres du Rotary d’œuvrer en faveur des enfants du Sri Lanka. En 1995, le gouvernement planifie des Journées nationales de vaccination contre la polio uniquement dans les zones non touchées par la guerre civile, privant ainsi près d’un tiers des enfants du pays de vaccination. Les dirigeants rotariens locaux, parmi lesquels K.R. Ravidran, et le président de la commission PolioPlus nationale sri lankaise travaillent étroitement avec l’UNICEF afin d’établir le contact avec les indépendantistes pour négocier des journées de cessez-le feu pour les vaccinations. Ainsi, près de la moitié des enfants du pays se font vacciner contre la polio. Et après le tsunami qui frappe l’île en 2004, les membres du Rotary au Sri Lanka, à l’initiative de Ravi, font un point d’honneur à ce que les écoles reconstruites dans le cadre d’un projet de 12 millions de dollars accueillent des enfants issus de tous les groupes ethniques.
 
Pour les membres du Rotary club de Colombo, K.R. Ravidran est un homme de principes qui attend la même chose des personnes qu’il côtoie. « Il est vraiment déterminé », confie Derek de S Wijeyeratne. Comme l’explique Ruzly Hussain : « Il a ce don inné de concrétiser non seulement ses rêves et sa vision, mais aussi de vous aider à concrétiser les vôtres. Et une fois le travail accompli, il ne dit jamais “J’ai réussi”, mais “On a tous réussi”. »
 
La présidence du Rotary ne suscite chez Ravi qu’un seul regret au doux prénom de Raika, sa petite-fille, qu’il berce dans ses bras avec un sourire radieux. Ravi est depuis octobre dernier grand-père pour la première fois et passant la plupart de son temps à Evanston au siège mondial du Rotary, il ne va pas voir Raika grandir. Ravi et Vanathy vivent en effet avec leur fils Krishna et leur belle-fille Neesha, et maintenant Raika. Leur autre fille Prashanthi vit avec son mari à Singapour. « Vanathy et moi aurions adoré rester au Sri Lanka et la voir grandir, ajoute-il. On aura tout le temps de la cajoler et de la gâter à notre retour. »
 
Le pays s’est aujourd’hui remis de la guerre civile et connaît une belle croissance. Les investissements sont à la hausse et dans le centre-ville de Colombo, les barrages de contrôle ont fait place à des parcs, des aires de jeux et des centres commerciaux huppés. Les grues se dressent à l’horizon pour construire des hôtels de luxe. Même la façade du bâtiment historique de l’hôtel Galle Face, où le club de Colombo s’est réuni pour la première fois en 1929, se refait une beauté. Les élections présidentielles de janvier ont amené l’alternance et un regain d’enthousiasme et d’optimisme dans le pays. Les touristes affluent du monde entier pour découvrir les plages de sable banc, la jungle et les sites historiques, qui ont poussé Marco Polo à qualifier ce lieu de « plus belle île du monde », et le magazine Forbes d’ajouter ce pays à sa liste 2015 des 10 meilleures destinations à visiter. « L’avenir sourit enfin au Sri Lanka », se réjouit Ravi.
 
En tant que président du Rotary, il souhaite faire connaître au monde cette nation insulaire. « L’hymne national de mon pays sera joué dans tous les pays que je visiterai. Mon drapeau voyagera avec moi et flottera pendant un an devant le siège mondial du Rotary, se réjouit-il. Que puis-je faire de mieux pour mon pays ? »
 
K.R. Ravindran n’a pas l’ambition de laisser une empreinte profonde en tant que président du Rotary. Il espère tout simplement être en mesure de faire profiter le Rotary de ses compétences et de laisser à son successeur une organisation florissante Ravi veut également s’acquitter de sa dette envers toutes les personnes qui l’on aidé dans sa vie. « Le Rotary a forgé mon caractère et ma personnalité, conclut-il. Je ne pourrai malheureusement lui rendre qu’une infime fraction de ce qu’il m’a apporté. »
 
Par Diana Schoberg - Traduction : Frédéric Lahaye / Alain Drouot
Actualités du Rotary - 1-Jul-2015

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